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Commune d’Haverskerque
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La forêt de Nieppe

 
La Forêt de Nieppe est l’une des plus belles forêts de Flandre Intérieure, ce pays qu’on appelait autrefois le Houtland : le pays à bois.

-  Situation

     
 
« La Forêt de Nieppe est située en la province de Flandres, tenant du côté d'Orient aux terres du village de Vieux Berquin, d'Occident aux terres du village de Thienes, du Midy aux terres du village daverquerque, de Septentrion aux terres du village de Morbecque »
 
 
1679 - Rapport de Le Féron à Louis XIV
 
     

Avec ses 2602 hectares, la forêt domaniale est le plus grand massif forestier de l’arrondissement de Dunkerque. Son altitude se situe entre 15 et 19 mètres. Elle se compose de plusieurs bois situés sur le territoire de Morbecque : Bois Bramsart, Flamingue, d’Hazebrouck, Clébert, des Vaches, Bois Moyen et Bois d’Amont et d’un autre seul bois situé sur le territoire de Vieux Berquin : le Bois d’Aval (352ha). Baigné par le Berquigneul Noir au Bois Berquin, le Bras de la Bourre à la Motte au Bois et les Berquigneuls [1], la rivière navigable des Bois Moyen et d’Amont au sud, bordé par le canal de la Nieppe, ce massif forestier humide a dû être drainé, compte tenu de l’imperméabilité de ses sols argilo limoneux, par de nombreux fossés.

-  Accès

Comme vous pouvez le constater sur la carte éditée par l’ONF , les Bois Moyen et Bois d’Amont sont limitrophes avec la commune d’Haverskerque.

  • Le Bois d’Amont est accessible au lieu-dit le Forest, par les rues du Gland et du Paradis, puis par la rue du Bois et la RD 916.
  • Le Bois Moyen est accessible par le rue des Bois Blancs et la rue de la Clochette.

Chaque série d’un bois compte 30 coupes de 150 m de largeur séparés par des fossés et des chemins de halage nommés « carrières ». Toutes les 8 à 10 coupes, une « drève » facilite l’exploitation.

-  Climat

La forêt de Nieppe jouit d’un climat séquanien adouci par l’influence de la mer et de ses courants. D’une année sur l’autre, on peut avoir de grandes variations de précipitations : sauf cas exceptionnel, la moyenne des précipitations est assez régulièrement de 40 à 50 mm par mois de janvier à juillet et d’août à décembre, par contre, elles augmentent dans de bonnes proportions.

Les températures moyennes varient entre 3,4 et 17,8°C et on ne compte pas 50 jours de gelée par an. Les vents dominants viennent du Sud-Ouest et également du Nord-Est.

-  Faune et Flore

Ce massif abrite des mares occupant les nombreux trous de bombes. Grenouilles, crapauds, tritons et salamandres, libellules et agrions ont trouvé refuge dans ces bois humides où les plantes aquatiques vivent bien : les iris jaunes envahissent les fossés et les roseaux massettes, après bien du mal, se multiplient.

Côté arbres, le chêne pédonculé et sessile, est l’essence dominante. Il côtoie le frêne, le merisier, le peuplier, le hêtre, l’aulne et enfin l’orme qui, malade, se fait beaucoup plus rare qu’au temps où il donna son nom flamand « niep » à la forêt. Dans le Bois des Huit-Rues rattaché à la forêt domaniale et situé sur une butte à 67m d’altitude, est également présent, le châtaignier.

Sous les feuillus, le mycélium est omniprésent et la richesse mycologique de la forêt de Nieppe mérite d’être signalée. Dès le mois de juin, parmi les premières espèces qui apparaissent, il y a comme d’habitude les très répandues amanites panthère , les jolies amanites tue-mouches identifiables à leur chapeau rouge couvert de verrues blanches, les phallus impudiques , les pholiotes changeantes , les coprins , les vesses-de-loup perlées ... mais aussi, oh, joie ! les cèpes et les bolets. Et en ce début d’été 2004, une impressionnante poussée de bolets à tête de nègre et de bolets rudes a réjoui les ramasseurs de champignons de la forêt de Nieppe ! Les connaisseurs y ont aussi leurs coins pour les savoureux pieds de mouton et les coulemelles élevées et les mycologues aguerris y dénichent pézizes orangées , laqués améthyste , russules vert de gris , bises violettes , pieds bleus et ne peut s’empêcher d’y admirer les touffes d’ hypholomes jaunes et d’armillaires de miel, les polypores lignicoles, etc...

Regardez un diaporama sur ces champignons...

Mais attention, la plupart des amanites sont très présentes dans la forêt de Nieppe et bien que belles et séduisantes, elles sont toxiques voire mortelles telles les amanites phalloïdes avec leur chapeau verdâtre, leur anneau membraneux et leur volve dont elles sortent !

Côté flore, le printemps voit éclore moult fleurs : la petite pervenche bleu violacé dès février, le tussilage en mars, puis les brillantes ficaires jaunes, les coucous jaune poussin, les violettes odorantes, blanches ou rosées, les petits fraisiers des bois ... et les belles fleurs de pissenlit dont on fait une excellente confiture dont nous vous donnons la recette (2). Les fruits des nombreux arbustes floraux, noisetiers, églantiers, chèvrefeuilles, aubépines, sureau, ronce sont convoités par les oiseaux, ces oiseaux dont les chants régalent les oreilles des promeneurs silencieux.

Regardez un diaporama de ces fleurs...

Les chants d’oiseaux les plus sonores sont sans nul doute, ceux des pics verts qu’il est facile d’apercevoir sur le tronc des arbres. Les grives musiciennes envahissent l’espace sonore en attendant le retour d’Afrique du rossignol, du bouvreuil, du pinson et du rouge-gorge, du pouillot qui n’arrête pas de lancer inlassablement son tchip-tchap, de la fauvette, du troglodyte et de la bergeronnette... et du coucou, coucou le revoilou ! Il n’est pas rare de pouvoir observer le vol plané des buses en robe marron et des chouettes qui se posent en vigiles avant la nuit.

Côté faune, la forêt de Nieppe est suffisamment touffue pour abriter du petit, moyen et gros gibier. Il n’est pas rare d’être surpris au printemps, au détour d’une drève, par le passage furtif d’un brocard ou d’une chevrette avec ses petits, par une bécasse mordorée ou un faisan qui s’envole d’un fourré. Les basses-cours à proximité de la forêt sont souvent pillées par le renard qui vit aussi dans la forêt et qui pour cette raison est classé par la loi parmi les « nuisibles ». Malgré ses larcins, il est utile se nourrissant de surmulots et autres mammifères, d’oiseaux, d’insectes et même de fruits des bois. Dans la forêt de Nieppe, on peut aussi trouver trace du blaireau qui y vit en couple...

Dans ces espaces délimités, chevreuils et sangliers y vivent en plus grand nombre qu’ils ne le feraient, laissés à eux-mêmes. L’homme intervient activement dans leur vie en les nourrissant régulièrement, en hiver, d’épis de maïs afin que, pourvus suffisamment de nourriture, ils ne détruisent pas les jeunes pousses.

De fait, ils sont de plus en plus nombreux dans les forêts du Nord / Pas de Calais d’autant que pour la reproduction du sanglier, la laie met bas entre 3 et 12 marcassins par gestation.

La chasse est le moyen de contenir cet accroissement et de maintenir un équilibre entre la faune et la flore car trop nombreux, chevreuils et sangliers (les sangliers mâles pouvant atteindre 200kg) détruisent les petits arbres, les plants ou les semis qui sont l’avenir de la forêt. La chasse constitue un outil de gestion durable de la forêt.

Pendant la période d’automne et d’hiver, la forêt reste ouverte à la promenade. Aussi l’Office National des Forêts recommande pour un bon exercice de la chasse, pour votre sécurité et pour votre plaisir, d’éviter les parcelles chassées pour profiter beaucoup mieux des beautés et du calme de la forêt. Le calendrier des jours de chasse et la carte des lotissements de chasse sont disponibles, pour chaque saison, dans les Maisons Forestières du Parc (03 28 43 67 04) ou d’Aval (03 28 49 51 06) : n’hésitez pas à contacter les forestiers de l’ONF pour toutes informations complémentaires.

-  Gestion de la forêt

Pour effacer les dégâts causés par les guerres et assurer la pérennité de cette forêt, 10 000 m3 de bois sont récoltés chaque année et 25 hectares sont régénérés naturellement ou par plantations.

Pour gérer au mieux et à longue échéance le patrimoine forestier, les professionnels de l’ONF appliquent des traitements sylvicoles différents car à chaque essence, structure et peuplements correspond un mode de traitement plus approprié. C’est ainsi que l’ONF procède :

  • au recépage du taillis, bois que l’on coupe à intervalles rapprochés et qui se reproduit à partir de rejets de souche ou de drageons
  • à la coupe de la futaie, forêt destinée à produire des arbres de grandes dimensions tout en prenant grand soin de préserver, par balivage, des réserves permettant la conservation des essences et des sujets les mieux conformés. Les arbres à maintenir sur pied -ou baliveaux- sont marqués au marteau à leur base, puis sur leur tronc pour être sauvegardés.

Les coupes qui sont commercialisées, sont maintenant exclusivement transportées par la route, après que les exploitants forestiers aient utilisé jusqu’au début du siècle, les canaux de la forêt alors navigables, puis successivement le chemin de fer, le camionnage à cheval et enfin le camionnage automobile.

Parallèlement à son programme de coupes, l’ONF entreprend de régénérer les essences et de protéger les peuplements existants :

  • elle privilégie les essences précieuses de la forêt : chênes, frênes, merisiers, hêtres...au dépens des peupliers qui exigent un drainage suffisant. Elle exclut également désormais, la plantation de résineux qui altèrent le paysage forestier.
  • elle tente, chaque fois que c’est possible, leur régénération naturelle, mais celle-ci s’avère très souvent difficile car
    • les tiges de chênes, merisiers, frênes sont peu nombreuses et souvent mal réparties
    • et on n’a guère de bonne glandée, pour les chênes par exemple, que tous les 14 ans
  • les semis hors pépinières étant hasardeux vu la densité de la souille, l’ONF a opté pour la régénération par plantations de spécimens cultivés en pépinières.
  • elle étudie également scientifiquement le phénomène de dépérissement des beaux chênes qui affecte la plupart des bois (sauf celui d’Amont où ils sont quasiment indemnes) afin d’épargner les réserves existantes.
  • Elle doit assurer la protection des peuplements, protection qui s’exerce aussi bien contre les mammifères, les rongeurs, les insectes, les maladies cryptogamiques que contre les exploitations irrégulières.


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[1] Berquigneul : de berquier qui veut dire batelier

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