La sélection de vidéos de décembre 2007 et des mois suivants, consiste cette fois en un hommage aux femmes et à leur rôle dans le Tango argentin. C’est un grand chapitre qui s’ouvre !
C’est aussi un travail de recherche important car le nombre de vidéos qui nous est proposé sur Youtube est effarant, et je l’avoue, je n’ai pas pu tout voir. J’ai, c’est sûr, omis de voir d’excellentes danseuses malheureusement et qui mériteraient d’être vues. Nous continuerons ultérieurement sur ce sujet.
Conséquence du fait que je n’ai pas pu tout voir, ma sélection actuelle ne peut être que subjective et je m’en excuse à l’avance, j’ai pris ce qu’il me semblait être le plus représentatif du thème, à savoir, au-delà de la technique proprement dite, comment font les danseuses pour rendre le Tango qu’elles dansent aussi vivant que possible, et ce, malgré le fait qu’elles soient guidées et qu’elles ne dominent pas théoriquement leur danse puisqu’elles doivent suivre leur partenaire.
Mon propre goût a aussi joué en la matière, puisque j’ai enlevé, à tort ou à raison, les interprétations féminines qui m’ont semblées froides, scolaires ou non intéressantes, sans personnalité, sans connexion, ou techniquement faibles.
Je me suis attachée en outre à laisser de côté la querelle de styles. J’ai aussi laissé de côté le plus possible l’expression artistique intrinsèque des hommes, tout en sachant que c’est très difficile parce que les femmes sont dépendantes du guidage et du pouvoir d’improvisation des hommes.
Globalement j’ai regardé la danse des femmes elles-mêmes, plus que celle des hommes.
Compte-tenu de cette dépendance à l’homme qui guide, on peut légitimement se poser la question : qu’est ce qui fait que la femme peut avoir une interprétation artistique à elle, donner une couleur, et l’exprimer à travers le guidage de l’homme ? En définitive, qu’est ce qui fait que l’on est ému, ou non, par la façon de danser d’une femme et par ce qu’elle veut (ou peut) exprimer, à travers la contrainte de devoir suivre ? Qu’est ce qui fait qu’elle existe ? L’expression d’un Art pour moi, quand elle est légitimée, ne peut pas faire abstraction de l’émotion qu’elle engendre, et ce, dans n’importe quel domaine artistique : peinture, musique, danse ...
Pour le Tango argentin qui nous intéresse, l’émotion peut se concevoir à différents niveaux :
1°) la danseuse ressent-elle de l’émotion au moment où elle danse avec son partenaire ? Et si oui, comment exprime-t-elle cette émotion ?
- est-elle, de par sa personnalité, à l’écoute de son partenaire « corps et âme », jusqu’à se fondre en lui totalement ?
- est-elle à l’opposé plus dans la représentation, et donc cherchera à extérioriser davantage son ressenti ?
- profite-t-elle de ses capacités physiques de souplesse ?
- peut-elle, ou ne peut-elle pas, s’exprimer comme elle le souhaiterait (dépendant du partenaire qui est à son écoute ou au contraire, non à l’écoute) ?
2°) la danseuse est-elle capable de transmettre au public qui la regarde, cette émotion qu’elle ressent ?
3°) le public peut-il recevoir cette émotion, est-il bien réceptif, ou à l’opposé, « mauvais public » ?
Le goût du public interviendra grandement dans le message envoyé par la danseuse. Pour certains, telle danseuse n’a rien d’exceptionnel, pour d’autres au contraire, elle est fantastique.
C’est dire combien il est difficile, et très subjectif, de rendre compte d’un jugement juste, car l’expression artistique d’une danseuse peut être ressentie de différentes façons, selon les individus, leurs goûts, leurs connaissances, leurs expériences et leur état d’esprit du moment.
Une des choses passionnantes à regarder est ce qui se passe quand la danseuse change de partenaire. Comment elle réagit à ce changement, comment elle peut changer son approche de la danse, comment elle se sent, et comment nous, nous vivons ce changement à travers ce que l’on voit de sa danse.
C’est ainsi que j’ai pu faire une première sélection de 10 danseuses qui ont changé de partenaire, ou qui ont plusieurs partenaires : Silvina Valz, Geraldine Rojas-Paludi, Natacha Poberaj, Lucila Cionci, Lucia Mazer, Mariana Dragone, Guillermina Quiroga, Maria Mondino, Eugenia Parrilla, et Andrea Misse.
Dans un deuxième temps nous verrons les danseuses qui ont un seul partenaire sur youtube, et comment elles évoluent avec le temps dans leur danse : Alejandra Hobert, Jennifer Bratt, Michelle Erdemsel, Dana Frigoli, Mariana Montes, Giselle Anne, Mariella Franganillo, Lorena Ermocida, Andrea Reyero, Claudia Codega, Nancy Lousan, Noelia Hurtado, Daniela Pucci, Carolina del Rivero, Maria Plazaola, Sonia Deidda, Sigrid Van Tilbeurgh, Juana Sepulveda, Celine Ruiz, Moïra Castellano.
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